Le Centurion
L'épine dorsale de la légion
Exemples de crêtes 
transversales
 sur des casques attiques

Le centurion est un officier sortis du rang qui commande une centurie d’une soixantaine de soldats environ sous la république. Polybe nous dit que lors du ‘’dilectus’’ ou incorporation des nouvelles recrues en vu d’une campagne, les tribuns militaires au nom des consuls choisissaient 60 soldats parmi les plus méritants et les nommaient centurions. C’est le plus haut grade auxquels les citoyens qui n’étaient pas membre de l’élite pouvaient aspirer pratiquement jusqu'à la fin de la république, mais il y eu quelques exceptions.


Une fois nommés, les centurions nommaient à leur tour 2 signifers et un optio pour les seconder et éventuellement leur succéder. Il y avait également une hiérarchie chez les centurions, ceux qui étaient les plus jeunes commandaient généralement les Hastatis en première ligne, puis venaient ceux qui commandaient les Princeps, et ensuite les plus haut dans la hiérarchie ceux qui commandaient les Triaires

en troisième ligne. Les légions Manipulaires regroupant 2 centuries par manipule, le plus méritant devenait le ‘’prior’’ et l’autre qui lui était subordonné, le ‘’posterior’’. Le prior commandait la centurie de droite la plus prestigieuse et le posterior celle de gauche. Le Centurion Prior de la première centurie de la première manipule des Triaires était en conséquence le plus haut gradé des centurions. Ce centurion était appelé le ‘’Primus pilus’’, et siégeait au conseil de guerre avec les officiers supérieurs.


Les tribuns militaires voulaient des hommes équilibrés qui ne prenaient pas de risques inconsidérés à ce poste. On cherchait des hommes de sang froid qui ne cèdent pas à la panique et qui ne reculent pas devant l’ennemi. Ils doivent être prêts à mourir sur place s’ils en reçoivent l’ordre comme l’indique Polybe.


Les textes antiques nous disent que le centurion se place à la droite de son unité au combat, et la reconstitution nous permet de valider ces dires. Positionné à la droite de l’unité il a un champ de vision qui lui permet d’englober la situation d’un seul coup d’œil ce qui est primordial une fois le contact avec l’ennemi établis. Comme il combat en première ligne, il doit en même temps qu’il se bat être à même de juger la situation pour diriger les choses, être un exemple pour ses hommes tout en veillant à la sécurité du flanc droit le plus exposé car les boucliers sont portés à gauche. De plus sa panoplie le désignant aux yeux des ennemis comme une cible privilégiée à abattre, il doit redoubler d’efforts pour sauvegarder sa vie afin de pouvoir protéger celle de ses hommes.

             Officier proche de ses hommes, il a également la                 responsabilité administrative de sa centurie. Cela                    implique un travail de gestion quotidien et sa tente                     deux fois plus grande et plus haute que celle des soldats lui sert de bureau. Tout ce qui se passe au sein de la centurie est noté, archivé, et copie en est transmise aux officiers supérieurs.


Les centurions se reconnaissent de loin grâce à leur panoplie particulière. La première chose qui les distingue immédiatement des autres soldats c’est la crête transversale qu’ils portent sur leurs casques. Elle permet à tout soldat de les identifier immédiatement d’un simple coup d’œil, même au cœur de la mêlée. Le second symbole de son autorité est le ‘’vitis’’ ou cep de vigne qui lui sert à frapper les hommes pour les faire entrer dans le rang ! Enfin il porte des jambières lointaine survivance de la tenue hoplitique des premières armés romaines.


Il est coiffé un casque d’inspiration hellénique comme en attestent  nombre de représentations, mais il pourrait tout aussi bien porter un casque de type Etrusco-Italique. La crête transversale est ici en crin de cheval qui est généralement associé à ce type de casque comme le montrent les illustrations ci contre, mais il est fréquent quelles soient en plume sur d’autres modèles. Pour se protéger il porte une cotte de maille avec des épaulières inspirés elles aussi de modèles Grecs, mais certaines représentations républicaine montrent que certains ont portés la cuirasse musclée. Un gilet rembourré appelé couramment subermalis est porté sous la cotte de maille, et est garni dans le bas et aux épaules de lanières de cuir appelées ‘’pteruges’’destinées à ajouter une protection supplémentaire. Il porte traditionnellement le glaive du côté gauche à l’opposé de  ses  hommes  et  a partir  de  la  seconde moitié du


deuxième siècle un pugio d’inspiration Espagnole. Il porte une cape appelée paludamentum drapée d’une façon particulière réservée aux officiers. Sur sa poitrine il porte un harnais de décorations militaires en argent appelées phalères, ainsi que des bracelets de la même matière, tout cela en récompense de ses actions d’éclat passées. Il porte également une ou plusieurs bagues au doigt orné d’une intaille, lui servant de sceau afin d’authentifier ses écrits. Il est enfin chaussé de bottines appelées perones qui ont leur origine dans le monde agricole, et qui resteront sous des formes de plus en plus luxueuse un des types de chaussures traditionnelle des officier Romains. Il faut également noter qu’il porte au combat le même bouclier que ses hommes.


Maillon essentiel de la chaîne de commandement en ce qu’ils constituaient l’interface entre les officiers supérieurs issu de l’élite de la société Romaine, et les citoyens soldats, ils ont constitués l’épine dorsale de la légion. Directement au contact de l’ennemi il est arrivé plus d’une fois que de part leur expérience et leur clairvoyance ils fassent basculer le cour du combat.


J-L Féraud Mai 2011
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